C’est décidé : je préserve la biodiversité dans mon jardin

Oui, d’accord, je suis une gentille watoo qui lutte contre les vilains canards pollueurs. Mais c’est quoi la biodiversité?

*sors ses lunettes*

C’est une évaluation de la variabilité des organismes vivants en un lieu bien précis. Elle prend en compte la diversité des populations (ex : graminées), des espèces (ex : ray-grass anglais) et des caractères à l’intérieur d’une espèce (ex : individus présentant des brins plus ou moins hauts, plus ou moins larges etc…) [i].

Terre de jardin. Crédit : Geneviève Canivenc, licence CC-BY-NC-ND 3.0.
Terre de jardin. Crédit : Geneviève Canivenc, licence CC-BY-NC-ND 3.0.

Les plantes qui poussent dans un jardin ne représentent que la partie émergée de l’iceberg. Sous la surface se trouve une vie souvent ignorée mais dont l’importance est déterminante (insectes, microorganismes).

Pour faire simple, leur rôle consiste à participer à la rétention de l’eau, à l’aération de la terre et au recyclage des matières. C’est cette vie qui va faire la différence entre un jardin en bonne santé et un autre où toutes les cultures doivent recevoir des soins aussi couteux qu’incessants.

Alors, comment aider au développement de la biodiversité dans un jardin? Petit guide.

 Laisser pousser le gazon

Quatre à 5 tontes par an (8-10 cm) suffisent largement à le garder assez court pour jouer au ballon avec les enfants. De cette façon, la pelouse s’enrichit d’autres espèces, graminées sauvages, pâquerettes, trèfles et autres pissenlits. Elles contribuent à élargir la diversité des microorganismes du sol et à enrichir la terre.

Gazon monté en graine. Crédit : Geneviève Canivenc, licence CC-BY-NC-ND 3.0.
Gazon monté en graine. Crédit : Geneviève Canivenc, licence CC-BY-NC-ND 3.0.

Petit plus : laisser le gazon monter en graine vers mai-juin puis le couper permet de stopper la pousse pour de longues semaines. Le résultat de la tonte… c’est du foin ! Il peut être séché pour servir de litière aux rongeurs domestiques. Mais attention, cela revient à prélever beaucoup de ressources qui ne seront pas recyclées, dont une grande quantité d’azote. Ce genre de pratique, surtout lorsqu’elle est répétée chaque année, nécessite une pelouse riche en trèfles. Ceux-ci fixent l’azote atmosphérique, permettant de réalimenter le cycle.

Désherber à la main

… tout en veillant à ne se débarrasser que de ce qui vous déplait. Personnellement je conserve les toutes les plantes dont la hauteur reste modérée. Elles viennent ajouter de la diversité dans les couleurs, les formes et les floraisons, tout en empêchant ce qui me déplait de sans cesse revenir s’installer. Cela permet de supprimer les traitements phytosanitaires qui éliminent une grande quantité de microorganismes et autres insectes en plus de l’indésirable ciblé.

Vivre et laisser vivre

Fleurs inconnues. Crédit : Geneviève Canivenc, licence CC-BY-NC-ND 3.0. Non mais sans dec' pourquoi voudriez vous que j'arrache ça?
Fleurs inconnues. Crédit : Geneviève Canivenc, licence CC-BY-NC-ND 3.0. Non mais sans dec’ pourquoi voudriez vous que j’arrache ça?

Si une plante s’installe spontanément quelque part, c’est que le lieu lui convient. À moins qu’elle ne vous déplaise, elle sera probablement l’un des meilleurs choix possibles. Et qui a dit qu’une plate-bande se devait de rester uniforme ?

Diversifier

L’un des meilleurs moyens de se prémunir des maladies et autres parasites reste de ne pas entretenir de fortes concentrations d’une même espèce : une communauté, qui plus est équilibrée, est capable de se défendre.

Planter local

Les végétaux vivent en équilibre avec la flore microbienne et les insectes du sol. Ces derniers varient d’une région à l’autre. Choisir de planter des espèces et variétés locales permet de s’assurer de leur complémentarité avec les espèces accompagnatrices présentes.

Composter les déchets végétaux sur place

Les plantes puisent leur nourriture dans le sol pour pousser. Composter sur place permet de rendre à la terre ce qui a été prélevé, évitant ainsi l’utilisation d’engrais qui perturbent l’équilibre du sol.

Le résultat : un jardin en pleine santé, une terre riche et une diminution considérable des coûts et du travail nécessaire.

Image à la une : Escargot. Crédit : Sid Mosdell, licence CC BY 2.0, disponible sur flickr


[i] Librement inspiré de la fiche biodiversité de wikipédia au 11/06/2013.

Licence Creative Commons
Ce(tte) œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 France.

Publié par

Geneviève Canivenc

1976 : naissance 1995 : un grand malade accepte qu'elle ait accès légalement à une voiture. 2005 : un groupe de grands malades lui confèrent le titre de docteur. 2012 : elle se lance en rédaction et plein de grands malades acceptent de lui faire confiance. Encore à venir : le meilleur.