Quimper : avis de recherche

Bretagne vivante, association naturaliste en charge de la gestion d’une centaine de zones protégées, lance un appel à témoignage concernant deux espèces emblématiques bretonnes : la mulette perlière et l’escargot de Quimper. Elles possèdent des caractéristiques très particulières faisant d’elles des espèces dites « parapluie ». Cela signifie que leur sauvegarde permet de protéger les écosystèmes qui les abritent dans leur entier. Cet appel se situe dans le cadre d’un projet sur la biodiversité communal et s’adresse plus particulièrement aux Quimpérois.

Attention, la mulette perlière et l’escargot de Quimper sont des espèces protégées. Si vous identifiez des spécimens, un seul réflexe : laissez les en place!

Avis de recherche : l’escargot de Quimper

elona_quimperiana_credit_jymm_wikimedia_common
Escargots de Quimper. Crédit : Jymm, copyleft, en partage sous wikimedia commons

Il s’agit d’un escargot de grande taille, pouvant atteindre 3 cm de diamètre pour 1 cm d’épaisseur.  Impossible de le confondre avec le petit gris. Il possède une coquille fine et translucide laissant apparaître de gros points noirs se situant en réalité sur son corps. En cas de doute, l’observation du péristome (épaississement de la coquille située près de l’entrée, de couleur blanche chez l’escargot de Quimper) permet de lever toute ambiguïté.

Coquille d'escargot de Quimper. Crédit : Francisco Welter Schultes, copyleft, en partage sous wikimedia commons
Coquille d’escargot de Quimper. Crédit : Francisco Welter Schultes, copyleft, en partage sous wikimedia commons

Si sa région de prédilection reste la pointe Finistère, où il peut même être considéré comme abondant par endroits, on le retrouve également au pays basque et sur la côte atlantique espagnole. En effet, il suit les zones lui offrant des précipitations abondantes, un climat doux et tempéré ainsi que le type de sous-bois qu’il affectionne.

Le plus grand danger pesant sur lui ? La disparition des forêts … mais aussi les plans de reboisement mal maîtrisés. En effet, pour Elona quimperiana, tous les arbres ne se valent pas. Le remplacement des espèces locales par des plantations d’arbres exogènes génère un appauvrissement du milieu qui le rend impropre à accueillir l’escargot de Quimper.

L’objectif de l’appel à témoignage concernant l’escargot de Quimper porte sur l’amélioration et la réactualisation de la connaissance de sa répartition.

Avis de recherche : la mulette perlière

Rien à voir avec les ânes ou les chevaux. La mulette perlière, c’est une moule d’eau douce. Comme son nom l’indique, elle est capable de produire des perles. Inutile toutefois de rêver à une pêche miraculeuse. Seule 1 mulette sur 800 contient une précieuse, sachant que la totalité de la population bretonne est estimée à 1500 individus.

Décrite par Carl von Linné en 1758, elle fut très abondante dans les eaux de la pointe Finistère jusqu’au milieu du siècle dernier. Bien qu’intensivement exploitée, c’est la pollution et la dégradation de son habitat qui a eu raison d’elle. En effet, elle ne peut se reproduire que dans les cours d’eau contenant également des saumons ou des truites fariots qui abritent ses larves. De plus elle est complètement intolérante au nitrate ainsi qu’à une longue liste de polluants.

Mulettes perlières
Mulettes perlières. Crédit : Joel Berglund, licence CC BY-SA 3.0, en partage sous wikimedia commons

Elle fait partie des espèces en grand danger de disparition totale dans les 10 ans à venir. À ce titre, elle fait l’objet d’un programme européen de protection et de réintroduction life + coordonné par Bretagne vivante. La station d’élevage se situe à Braspart. Son objectif : sauvegarder une population minimale et réintroduire la mulette dans les cours d’eau antérieurement occupés… à la condition bien sûr qu’ils aient retrouvé la qualité environnementale nécessaire.

On retrouve des traces de la présence de la mulette perlière dans l’Odet. Cela n’a rien d’étonnant, le fleuve présente toutes les caractéristiques qu’affectionne la vénérable dame : eaux claires, peu profondes et fonds sablonneux. Toutefois sa localisation reste floue. Pour cette raison, Bretagne vivante recherche activement des témoignages permettant de mieux cerner les lieux ayant été occupés par la mulette perlière.

Pratique : contactez Bruno Ferré, chargé de mission environnementale pour Bretagne vivante, enquete.biodiversite.quimper@bretagne-vivante.org, 06 07 22 76 65, fiche de signalement pour l’escargot de Quimper en téléchargement ici.

Image à la une : dessin naturaliste de mulettes perlières. Crédit : dessin issu de Brehm’s Life of Animals de Alfred Edmund Brehm, ouvrage tombé dans le domaine public.

Licence Creative Commons
Ce(tte) œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 France.

Publié par

Geneviève Canivenc

1976 : naissance 1995 : un grand malade accepte qu'elle ait accès légalement à une voiture. 2005 : un groupe de grands malades lui confèrent le titre de docteur. 2012 : elle se lance en rédaction et plein de grands malades acceptent de lui faire confiance. Encore à venir : le meilleur.