We can do it By J. Howard Miller, artist employed by Westinghouse, poster used by the War Production Co-ordinating Committee [Public domain], via Wikimedia Commons

Un site web efficace : les pistes à suivre (UBVEL #4)

Un site web efficace est le 4e volet de la saga UBVEL ou “comment communiquer en ligne lorsqu’on est une TPE/PME et qu’on y connaît rien”. (Notez bien : ça marche aussi pour les assos, les professions libérales etc.)

Si vous en êtes déjà à la case “site web efficace”, cela signifie à priori que :

  1. Vous avez posé les premières démarches d’une présence en ligne (réseaux sociaux, annuaires).
  2. Vous avez déterminé que cette présence en ligne gagnerait à être renforcée par un site web (autrement dit, vous vous sentez à l’étroit sur les réseaux sociaux et annuaires pour convaincre vos clients potentiels, animer votre communauté d’utilisateurs etc.)
  3. Vous avez acheté un nom de domaine et un hébergement (et vous les avez achetés vous-même !)
  4. Vous avez choisi la techno pour votre site (et compte tenu du profil des lecteurs, à 99% vous avez opté pour un CMS libre).

Voici aujourd’hui un guide pour vous aider à structurer votre réflexion avant de passer à la phase opérationnelle : mettre en place un site web efficace, que ce soit vous-même ou avec un prestataire.

Deux idées un peu choquantes à toujours garder en tête

Je sais, ça risque de vous faire bizarre.

Vous vous plantez probablement sur ce que veulent vos clients

Prenons un cas concret pour illustrer ce que je veux dire par là. Voilà quelques chiffres qui montrent un décalage entre les professionnels et leur auditoire (ils sont issus d’une étude BVA réalisée pour Mappy concernant le commerce de proximité, vente de produits ou services) :

Ces chiffres sont issus de l'étude dont j'ai donné le lien. Les mentions "données manquantes" signalent que le chiffre en question n'a pas été communiqué (mais pas qu'il est égal à 0 !)
Ces chiffres représentent des fréquences (n% des commerçants ont cité cette réponse). Les mentions “données manquantes” signalent que le chiffre en question n’a pas été communiqué (mais pas qu’il est égal à 0 !)

Ce que nous voyons là : deux réponses fréquentes données par les commerçants sont peu considérées chez les internautes (relationnel/conseil). Deux réponses fréquentes des internautes sont peu considérées chez les commerçants (frais d’envoi, disposer du produit). Pour les réponses en commun, la fréquence est très différente entre commerçants et internautes.

Note : ces chiffres représentent un cas particulier (web-to-store en commerce de proximité. Le “web-to-store” est un terme utilisé en marketing pour désigner le fait de se renseigner en ligne puis acheter le produit ou bénéficier de la prestation dans un lieu physique). On trouve d’autres chiffres sur d’autres cas particuliers, artisans, consultants, boutiques en ligne etc.

Votre façon de concevoir votre valeur et la façon dont vos clients conçoivent votre valeur sont probablement très différentes.

Comment ça se fait ?

Comment se fait-il qu’il y ait un tel décalage entre des professionnels qui pourtant font tourner leur affaire et leurs clients ? C’est tout de même curieux. Ceci est un hypothèse purement personnelle : c’est une question de décalage dans le point de vue. Voyez donc cette vidéo (inutile de parler anglais pour comprendre, sachez juste que “this is truth” signifie “ceci est la vérité” et “this is true” signifie “ceci est vrai”).

L’internaute et vous n’avez pas le même point de vue. Regardez un peu : le produit (ou le service) que voit votre client potentiel, qui l’a défini, choisi, qui a fixé le tarif, l’a mis en scène, l’a rendu disponible ? C’est vous ! Le client potentiel voit ce qu’il va obtenir. Le commerçant voit ce que ça lui prend de mettre en place ce que le client va obtenir.

Vous restez le meilleur spécialiste qui soit de votre valeur. Rendre un site web efficace revient à formuler votre valeur dans la logique de votre client potentiel. Pour ça, eh bien oui, par moments vous allez sans doute avoir l’impression d’être plusieurs dans votre tête.

La “révolution du numérique” n’a rien à voir avec la techno

Donc vous êtes ici parce que vous voulez vous “digitaliser” (pas d’offense, y’a vraiment des gens qui disent ça pour de vrai.) Vous voulez mettre du numérique dans votre communication avec un site web. Ok.

Le numérique pour le numérique (ou le digital pour le digital) ça ne sert à rien. Si vous saupoudrez du numérique sur votre communication sans changer votre manière de penser votre communication, ça ne sert à rien. La révolution du numérique n’a rien à voir avec la techno, elle a tout à voir avec les manières de penser “différentes” qui ont été rendues possibles par la techno.

Apple logo Think Different
“Penser différent” : depuis le temps qu’ils vous le disent… Apple ne vend pas de la techno, elle vend de l’usage des technos. Apple tous droits réservés.
Qu’est ce qui est devenu possible pour vous ? Vous étaler plus, donner plus de détails, interagir avec vos clients et utilisateurs, prolonger la relation lorsqu’ils ne sont plus chez vous etc.

Une illustration en action : le cas “Uber”

Prenons un exemple concret. Les chauffeurs de taxi. Il y a 10 ans en arrière, c’était plutôt ambiance “Internet ? Mais pour quoi faire, c’est débile ! Les gens ils veulent nous trouver dans la rue, ou alors ils nous appellent, et puis c’est tout. Et puis quoi encore, vous avez idée de ce que ça coûte une licence ?”

Que s’est il passé depuis ? Il s’est passé Uber. C’est l’histoire de 3 potes qui se sont dit “Hey, les chauffeurs de taxi, on les trouve jamais là où on en a besoin et en plus ils sont trop chers. Maintenant qu’on a des smartphones et du réseau à peu près partout, faisons donc une appli qui va mettre en relation les chauffeurs privés et les gens qui ont besoin de se déplacer, ça va rendre plein de gens contents !”

Et ils avaient raison.

Il y a 10 ans, les gens n’allaient pas sur internet avec leur téléphone. Il n’y allaient pas parce que c’était lent, que ça ne marchait pas partout, que leur écran était trop petit et que ça coûtait une fortune.

Il y a 7 ans, ça n’était plus vrai. Les gens commençaient à aller sur Internet avec leur téléphone. Uber et né. Depuis l’entreprise a conquis le monde entier et nos chauffeurs de taxi manifestent dans la rue.

(Notez bien que je ne suis pas en train de me réjouir de voir les chauffeurs de taxi dans une telle panade.)

Nous avons bien là un exemple de pros qui ne se sont pas préoccupés de savoir ce que voulaient leurs clients. Dans le même temps, il n’y a eu aucune mutation techno. Techniquement Internet est né dans les années 70 et la téléphonie mobile a été inventée dans les années 40. Ce n’est donc pas un changement technique qui a rendu Uber possible. Ce qui a changé, c’est que les conditions d’usage d’internet sur un téléphone sont devenues acceptables pour beaucoup de gens. Ça inclue l’optimisation technique mais aussi le prix, la disponibilité etc. On appelle ça “l’expérience client“.

La "disruption Uber" est une innovation d'usage rendue possible par la généralisation de l'utilisation d'internet sur les smartphones. Elle a flingué le marché des taxis. Image par MOs810, licence CC-BY-SA 3.0, disponible sur Wikimedia common.
La “disruption Uber” est une innovation d’usage rendue possible par la généralisation de l’utilisation d’Internet sur les smartphones. Elle a flingué le marché des taxis. Image par MOs810, licence CC-BY-SA 3.0, disponible sur Wikimedia common.

L’expérience client, en fait, vous connaissez déjà

Le concept d’expérience client regroupe tout ce qui va du fait que quelqu’un vous découvre au fait de se sentir content/pas content après avoir bénéficié d’un produit/service. Bien entendu que vous connaissez déjà, vous gérez déjà tout ça dans votre quotidien. Là il s’agit de considérer l’expérience client de quelqu’un quand cette expérience passe (au moins en partie) par un support web. Il arrive que cela vous fasse vous sentir comme une poule devant un couteau.

Comme une poule devant un couteau
Je me refuse totalement à vous expliquer les raisons de la présence de ce canard rose dans un frigo. Image de Nestor Lacle, licence CC-BY, disponible sur Flickr.

C’est quoi un public captif

C’est un concept qui appartient au champ de la médiation culturelle. Vous allez vite voir le rapport avec notre sujet. Imaginez, vous êtes médiateur et avez pour mission de faire toucher du doigt un concept.

Cas 1

Cas 2

Cas 3

Vous êtes invité à animer dans la classe d’un enseignant Vous animez un atelier dans une médiathèque Vous animez un stand dans un festival grand public
Quoiqu’il arrive, les élèves ne peuvent pas s’échapper. Si vous êtes désagréable, à côté de la plaque ou même simplement ennuyeux, au bout de 10 minutes c’est mort. Les participants vont découvrir qu’en fait, oh, ils sont absolument navrés, ils avaient oublié, ils ont poney. Vous avez 30 secondes pour accrocher les gens qui passent. Si vous y réussissez, vous avez 3 minutes pour faire vos preuves, est-ce que c’est sympa/drôle/intéressant.
Public captif Public moyennement captif Public non captif

Revenons à nos chauffeurs de taxi qui se sont fait “uberiser” (cela signifie qu’un nouveau modèle lié au numérique a fait exploser un marché traditionnel). Les chauffeurs de taxi ancienne génération ne pouvaient exister que parce que leur public était captif, malheureux, mouillé et trempé sur le bord du trottoir. Hop, internet sur les smartphones, le public est libéré (délivré ?) Il réserve son chauffeur Uber pas cher encore confortablement installé au chaud au resto et les taxis coulent.

Combien de temps avez-vous pour capter quelqu’un qui vous accorde de l’attention

Sur internet (que ce soit sur un site web ou un réseau social), votre public est infiniment “moins” captif que dans la vraie vie. Deux chiffres :

50 millisecondes : nous sommes capables de nous faire une première idée sur un contenu web en 50 millisecondes. Bon, ce chiffre est à relativiser, il vient d’une seule étude qui portait sur 40 personnes (Attention web designers, you have 50 milliseconds to make a good first impression).

15 secondes : c’est le temps d’attention que porte le lecteur moyen à une page web avant de se barrer s’il n’a pas trouvé ce qu’il veut. Cette donnée vient de Tony Haile, le patron de Chartbeat dont le métier est d’analyser le trafic web. Ces fameuses 15 secondes résultent de l’analyse de plus de 2 millions de pages vues sur 580 000 articles différents issus de 2 000 sites. Ça pose.

Tic, tac, tic, tac. Sur Internet, votre public est infiniment moins "captif' que dans la vraie vie. Les 15 premières secondes passées sur une âge web sont déterminantes. Image Misticartdesign, CCO
Tic, tac, tic, tac. Sur Internet, votre public est infiniment moins “captif’ que dans la vraie vie. Les 15 premières secondes passées sur une page web sont déterminantes. Image Misticartdesign, CCO

Tout ça pour vous dire que…

Vous voyez votre pavé de 1 500 mots amoureusement ciselés pour convaincre votre auditoire que vous êtes une personne fabuleuse ?

Eh bien si vous voulez un site web efficace, vous prenez votre texte et vous le jetez à la poubelle. Le lecteur “moyen” lirait de l’ordre de 300 mots par minutes (quand il consent à lire). Or là vous avez 15 secondes.

Astuce : pour connaître la longueur d’un texte, vous avez une option nommée “statistique” dans votre traitement de texte préféré.

NB : ces fichus pavés #UBVEL c’est pas pareil. Avec #UBVEL, vous avez de l’info dont vous avez besoin, pas des tartines de louanges dithyrambiques à mon sujet… euh non, on ne parlera pas de blogging aujourd’hui.

La liste des infos incontournables pour un site web efficace

Ça, c’est le “service minimum”. Il est vivement recommandé d’avoir d’autres types de contenus que ceux là.

  1. Coordonnées (adresse si c’est pertinent, téléphone, e-mail etc.)
  2. Horaires
  3. Descriptif des produits/services, comment ça se passe s’ils achètent (et que ça ne va pas de soi)
  4. Prix des produits/services (au moins un ordre d’idée)
  5. Des réductions/offres spéciales (ça peut aider, mais là on commence à sortir du sujet pour entrer dans votre stratégie commerciale)
  6. Se faire une idée du lieu (s’il y a un lieu)
  7. Des avis clients (comprenez : des avis extérieurs au vôtre. Si vous n’avez pas ça, faites la liste de tout ce qui peut représenter de la “crédibiline” : labels, certifications, articles de presse, références client…)

Voilà la liste des choses que les internautes veulent trouver quand ils se renseignent en ligne pour acheter un truc. Ils doivent pouvoir identifier où se trouvent ces infos en moins de 15 secondes quand ils arrivent chez vous.

Les sujets “non incontournables” à aborder sur votre site

Un client est un client. Qu’il soit devant vous ou devant votre site web il se pose les mêmes questions sur ce que vous proposez. Donc je vous suggère de prendre un papier et un stylo et de faire une liste. Quelles sont les questions les plus fréquentes que vous posent vos clients ? Quelles sont les inquiétudes les plus communes que vous avez perçues chez eux ?

Répondez à tout ceci et vous rendrez votre site encore plus efficace !

Et niveau expérience client, ça donne quoi ?

Une bonne expérience client dans ce contexte, c’est quoi ? L’internaute est sur votre site. 15 secondes plus tard, il a trouvé où se trouve l’info qu’il cherchait.

Là, notre internaute est content : il a trouvé ce qu’il cherchait. Soit il lit, parce que c’est directement accessible, soit il clique pour aller lire. Vous avez gagné du temps d’attention, bravo !

Un internaute qui a une "expérience utilisateur" réussie avec votre site web sera beaucoup plus disposé à vous accorder du temps et de l'attention. Image par Shelly, licence CC-BY, disponible sur https://www.sketchport.com/drawing/5518340336386048/doing-my-happy-dance-snow-day
Un internaute qui a une “expérience utilisateur” réussie avec votre site web sera beaucoup plus disposé à vous accorder du temps et de l’attention. Image par Shelly, licence CC-BY, disponible ici

Deuxième effet kiss cool : plus l’internaute vous accorde de temps d’attention, plus il se sent impliqué envers vous. C’est une histoire de dissonance cognitive, il est désagréable de “laisser tomber” après s’être investi, avoir consacré du temps. Comme personne n’aime ce qui est désagréable, on a plus tendance à persister pour ne pas avoir à laisser tomber.

Un internaute “avec intention d’achat” utilisera ces infos pour les comparer à celles de vos concurrents. Si tout se passe bien, il vous choisira parce que, nous sommes d’accords là-dessus, vous êtes le meilleur. D’où l’importance d’un site web efficace.

De la structure : on ne range pas le peigne dans le même pot que le beurre

Un site web efficace passe par de la structure dans l’information que vous délivrez. Si vous n’avez jamais fait cet effort jusqu’à présent (oui, ça peut arriver), là vous ne pouvez pas y couper. La structure de cette information devra être adaptée à votre public.

Dans une bibliothèque, il est recommandé de classer les livres par thème puis par auteur. Si vous le faites par coleur de la couverture puis par hauteur du livre, ça va marcher moins bien. Pour un site web efficace c'est pareil : structurez l'info en fonction de la logique de votre public. Image You don't get to know my name You can call me Escobar, licence CC-BY-SA, disponible sur Flickr
Dans une bibliothèque, il est recommandé de classer les livres par thème puis par auteur. Si vous le faites par couleur de la couverture puis par hauteur du livre, ça va marcher moins bien. Pour un site web efficace c’est pareil : structurez l’info en fonction de la logique de votre public. Image You don’t get to know my name You can call me Escobar, licence CC-BY-SA, disponible sur Flickr

Exemple, Monsieur Benoît, électricien de son état à Quimper. Il propose du dépannage à domicile, de la mise aux normes, de la conception d’installations neuves et de la revente de matériel. Dans ce cas, le site web de Monsieur Benoît devra avoir un minimum de 5 pages différentes : une pour l’accueil (présentation générale), une par prestation proposée. (En fait il faudra un peu plus de pages que cela, mentions légales, conditions d’utilisation etc.)

Nous sommes encore là au cœur de l’expérience client. Le client (futur client) est centré sur son besoin à lui. Donc si vous lui parlez de tous les besoins que vous savez remplir, ça ne l’intéresse pas. Il veut aller droit à son besoin à lui sans passer par les autres cases. Donc au minimum 1 besoin = 1 page. Vous centralisez ensuite ces pages pour dire qu’elles existent (au hasard en page d’accueil), et chacun “fait ses courses” comme bon lui semble.

De la hiérarchie dans l’info

Les infos importantes sont positionnées en premier, et elles prennent de la place à l’écran. Plus l’importance de l’info décroît (nous sommes toujours du point de vue de l’internaute), plus c’est petit et rejeté vers des zones qui seront regardées “ensuite”.

Une règle absolue : soyez explicites

Un internaute qui se trouve sur un site web inconnu accepte de cliquer  si et seulement si il sait où il va. (À votre avis, pourquoi ai-je mis un sommaire cliquable au début de l’article ?) Vous devez donc oublier les formulations sympas mais floues pour vos titres de rubriques, de pages, pour les liens que vous donnez. Soyez descriptif, factuel et concis. (Si vous parvenez à être descriptif, factuel, concis et sympa en même temps, c’est jackpot.)

Les trucs que vous êtes nombreux à adorer et pourtant qu’il va falloir vous résoudre à bannir

Pour un site web efficace, vous devez penser à 3 choses : optimisation de l’espace à l’écran, clarté, esthétique.

Les grosses bannières horizontales

Ça a été un des standards du web pendant très longtemps. Pourquoi vous faut-il bannir le grand bandeau du haut ? Parce que c’est la première chose que l’internaute voit, que ça prend une place dingue et ça n’apporte aucune info. Pour un site web efficace, faites en sorte que la première chose “vue” en arrivant sur la page soit utile.

Les arbres de Noël (aka les pages “fouilli”)

Un produit Apple typique, Un produit Google typique, l'appli de votre entreprise. Cette BD illustre à merveille la question de la conception d'une interface. C'est valable pour des logiciels, pour des applis pour smartphone... et pour des pages web.
Un produit Apple typique, Un produit Google typique, l’appli de votre entreprise. Cette BD illustre à merveille la question de la conception d’une interface. C’est valable pour des logiciels, pour des applis pour smartphone… et pour des pages web.

Vous avez tellement de choses à dire… Je vous comprend, vous avez envie de tout dire. Vous éprouvez le besoin de tout dire. Ce qu’il y a c’est que trop d’info tue l’info. Vous devez donc “prendre sur vous” pour hiérarchiser l’info en fonction de la logique des gens qui visitent votre site (on y revient).

(Notez bien que ce défaut là n’est pas spécifique des “petites boites qui n’ont pas de compétences digitales”. Voyez donc cette BD ci-contre, elle illustre bien la question.)

Une chose est certaine : vos pages doivent être claires. Le fait d’afficher “énormément” ne donne pas une image de compétence. Ça donne une image d’immense bazar (cela dit, si vous êtes un “Tout à 2 balles”, effectivement ça se justifie).

Pour chaque zone de vos pages, veillez à limiter le nombre d’éléments présents. Dans l’idéal : 2, c’est binaire, ne nécessite aucune réflexion, tout le monde s’y retrouve. 3, ça va toujours. À partir de 4, ça commence à se compliquer, à nécessiter de l’attention, à prendre du temps. Le max toutes catégories : 6 éléments. Dans ce cas là, chacun de ces éléments devra être très simple et rien d’autre que ces 6 éléments ne devront être visible à l’écran.

Les photos moches, floues, retouchées à la truelle

Il y a des modes dans la photo comme il y a des modes vestimentaires.

Si vous portez des vêtements coordonnés, très stylés et de bonne qualité qui étaient à la mode il y a 30 ans, vous aurez un look “vintage”. Tout va bien. Si vous ressortez de “l’ordinaire” qui a mal vieilli, là ça peut faire très mal.

Montage de quelques "fails" des années 80
Si vous devez utiliser des photos anciennes, retouchées, prises par un non-pro, veillez à l’impression qu’elles donnent. On a parfois du mal à être objectif sur soi-même. Origine de la photo : sadanduseless.com

Un site web efficace peut difficilement se passer de visuels. Si vos visuels transmettent une mauvaise impression, vous ferez mauvaise impression même si vous êtes le meilleur pro de la terre.

(Si vous n’avez pas de photos correctes, que vous ne possédez pas le gène du selfie génial, je ne saurai trop vous recommander de faire appel à un photographe.)

Les fonds kitsch et autres motifs répétés “trop trop jolis”

L’internaute cherche du contenu, des infos utiles et intéressantes. Tenez-vous vraiment à détourner son œil de ces infos avec des motifs qui vont lui saturer la rétine ? Non, ne cliquez pas là.

(Je vous avais prévenu.)

(Non, on ne parlera pas de la question du “responsive” aujourd’hui. Chaque chose en son temps.)

C’est là qu’on peut recommencer à penser à vous : les call-to-action

Vous avez en main tout ce que veut l’internaute. Il est temps de penser à ce que vous voulez. À partir du moment où quelqu’un visite votre site, que voulez vous que cette personne fasse ?

L’objectif 0 d’un site web, c’est bien entendu de donner de l’info. Mais ensuite ? Quel résultat obtenu vous ferait vous dire que oui, vous avez un site web efficace ?

Prenons Monsieur Benoît. Il a une idée très précise sur la question. Il veut que les gens qui cherchent un dépanneur l’appellent, et que ceux qui veulent un devis lui envoient un mail.

Il faut donc que Monsieur Benoît propose aux internautes d’agir de cette façon. C’est ce qu’on appelle un “call-to-action“. (Exemples : Faites ceci, Voir, Je m’inscris etc. Souvent les call-to-action sont mis en scène avec un bouton très coloré).

Les call-to action doivent être clairs, visibles et situés au niveau de contenus adaptés à l’action que vous proposez. La réaction que l’on espère est un “ah oui, c’est exactement ce que je veux faire, je le fais.

Où on les met ?

Dans le cas de Mr Benoît, où allons nous placer ces call-to-action ?

Appel pour le dépannage : d’après la compta de Mr Benoît, le dépannage représente 25% de son chiffre d’affaire. Celui là doit être visible dès la première arrivée sur le site, direct en page d’accueil.

Demande de devis : celui-là (ceux-là) doit intervenir sur les pages qui décrivent les différentes prestas proposés. On ne demande pas “un devis à un électricien”. On demande un devis pour une mise au norme à un électricien qui fait de la mise aux normes. On peut imaginer avoir un bouton “Je demande un devis” sur chacune de ces pages… et enfoncer le clou en prévoyant un onglet “Devis” dans le menu du site.

Pensez “parcours client”

Là les commerçants qui ont une boutique sont avantagés. Il sont déjà l’expérience du parcours client dans leur établissement. Pour les autres, songez donc à Ikéa. Le magasin met en scène des environnements composés de leurs produits. Il y a certains produits qui sont présents en des dizaines d’endroits différents. Il sont présents partout là où le visiteur est susceptible de se dire “ah oui je veux ça chez moi”.

Pour vos call-to-action c’est pareil. Ils sont présents partout où l’internaute est susceptible de se décider à cliquer. Et ils sont accompagnés de toutes les infos qui peuvent favoriser le passage à l’acte. La seule limite à ceci, c’est que vous ne pouvez pas proposer plus de 2 call-to-action au même endroit (bon aller, je vous la fait à 3, mais plus la prise de décision nécessite de réfléchir et plus vous ferez chuter vos taux de clic).

La petite astuce de fin : obtenir des avis clients

Je vous ai parlé de l’importance de mettre des avis clients sur votre site. C’est ce qui se fait de mieux en matière de crédibiline. Problème, vous n’en avez pas. C’est embêtant.

Par contre vous avez des clients contents. Demandez explicitement à ces clients contents de laisser donner leur avis. Exemple : Mr Benoît (qui décidément s’est mis à avoir le génie de l’intrigue depuis qu’il est passé au numérique pour sa comm’) a décidé de ne plus envoyer de facture “papier”. Dorénavant, il les envoie par mail (sauf si son client lui répond qu’il n’a pas de mail). Et vous savez ce qu’il fait ensuite ? Il renvoie un deuxième mail dans la foulée où il demande à son client de laisser un avis sur sa fiche Google My Business (et bien sûr il donne le lien pour le faire).

Résultat : sa fiche Google My Business affiche des petites nétoiles et des avis clients (alors que celles de ses concurrents n’affichent rien). Mr Benoît a gagné en visibilité.

Autre résultat : l’API Google (à vos souhaits) n’est pas trop pénible. Il est donc possible de récupérer automatiquement les avis pour les faire apparaître sur un site web. Les internautes qui visitent le site web de Mr Benoît savent donc à quel point il est un pro qui déchire sans qu’il ait à le dire lui-même.

Quel filou ce Mr Benoît !

(NB : notez-le bien. Vous n’avez pas le droit de récupérer les adresses mail de vos clients pour leur envoyer des offres commerciales sans qu’ils vous aient explicitement donné leur accord pour ça (la règle de l’opt-in). Dans le cas précis cité ci-dessus, Mr Benoît envoie un mail individuel à un client au sujet d’une prestation qu’il vient de délivrer. Ça n’est pas de la prospection.)

Publié par

Geneviève Canivenc

1976 : naissance 1995 : un grand malade accepte qu'elle ait accès légalement à une voiture. 2005 : un groupe de grands malades lui confèrent le titre de docteur. 2012 : elle se lance en rédaction et plein de grands malades acceptent de lui faire confiance. Encore à venir : le meilleur.