UBVEL #3 : dites, vous êtes sûr d’avoir besoin d’un site web ?

« Tout le monde doit avoir un site web, c’est la révolution du numérique, une entreprise se DOIT d’avoir un site web. Le nouveau monde se fait maintenant, les TPE/PME qui ne s’adaptent pas sont déjà mortes. »

Vous avez déjà forcément entendu/lu ce genre de chose au moins une fois. Et comme le numérique ce n’est pas votre truc, ça vous laisse un peu désemparé. Alors nous allons respirer un grand coup et réfléchir un peu à la question au lieu de nous contenter d’affirmations péremptoires.

Lorsque le milieu évolue, ce qui ne s'adapte pas meurs. Photo de whitejillm, licence CCO
Lorsque le milieu évolue, ce qui ne s’adapte pas meurt. Photo de squelette de Tyrannosaure par whitejillm, licence CCO

Pourquoi tout le monde vous dit que vous devez avoir un site web ?

Beaucoup de monde vous dit que vous devez avoir un site web, mais personne ne vous dit pourquoi. Alors reprenons quelques faits et quelques chiffres au lieu de sombrer dans le catastrophisme.

Retour en 1995. À cette époque l’usage des ordinateurs était encore relativement confidentiel. L’usage d’internet aussi. Pour acheter, vous preniez sans doute en compte ce que vous voyiez dans votre vie quotidienne, les magasins devant lesquels vous passiez en voiture dans vos trajets quotidiens, les prospectus dans la boite aux lettres, les pubs vues à la télé ou dans le journal. Vous demandiez aussi sans doute à vos connaissances quand il s’agissait d’un achat important.

Télécarte France Telecom utilisable dans les cabines publiques et faisant la promotion de l'usage du minitel. Photo de Kevin, disponible sur Flickr, licence CC-BY.
Télécarte France Telecom utilisable dans les cabines publiques et faisant la promotion de l’usage du minitel. Photo de Kevin, disponible sur Flickr, licence CC-BY.

Ah oui, vous aviez peut-être le minitel.

C’était mieux avant ? Peu importe, en tout cas c’est différent

Comment ça se passe aujourd’hui en 2016 ? Tout ce que j’ai énuméré au dessus est toujours d’actualité. J’insiste fortement là-dessus, le web ne remplace pas « tout le reste », le web doit être un outil supplémentaire dans votre démarche de communication vers vos clients/clients potentiels.

En France, le minitel a disparu. Aujourd’hui nous avons Internet pour nous renseigner (sous entendu : l’usage des internets). Peut-être que ça n’est-ce pas dans vos habitudes personnelles, mais c’est quelque chose de très courant. Se renseigner en ligne présente d’énormes avantages pour les internautes, regardez plutôt : avec le web, c’est immédiat, n’importe quelle heure, servi direct à la maison avec une quantité de détails impressionnante. Et en plus ceux qui se renseignent ne sont plus obligés de se fader ce dont ils n’ont rien à secouer avant d’arriver dans le vif du sujet.

Les chiffres qui montrent l’importance d’avoir une présence en ligne

En 2015, 84,7 % des plus de 15 ans vont sur internet

En 2013, 100 % des jeunes (nés après 1990) vont sur internet

(source : INSEE)

En 2014, 80 % des internautes se renseignent en ligne avant d’acheter (source : IFOP)

Scientifiquement, ce que je m’apprête à faire est un scandale. Vous pouvez me dénoncer à la société protectrice des statistiques : je croise mon « 80 % des internautes se renseignent en ligne » avec « 84,7 % de la population est connectée ». Ça me donne l’enfant du malheur : « 68 % de la population cherche de l’info en ligne avant d’acheter ».

Vous, entreprise, pouvez-vous vous permettre de ne pas donner d’info à 68 % de vos clients potentiels alors que nous traversons tous des temps difficiles ?

Alors il me faut forcément un site web…

Ben non. Vous devez être visible en ligne, donner de l’info en ligne. Vous avez d’autres solutions pour cela. Elles ne sont pas forcément ergonomiques et très vite vous risquez d’en toucher les limites, il n’empêche qu’elles sont là. J’avais déjà parlé de certaines d’entre-elles, voici la totale.

Des comptes et des pages sur les réseaux sociaux

Facebook est un incontournable, vous ne pouvez pas y couper même si vous avez un site web.

Google + idem que Facebook, impossible d’y couper quelle que soit la configuration. Sauf que… là le simple fait d’y être suffit. Alors en première approche, copiez-collez ce que vous faites pour Facebook et basta.

Twitter : ça dépend de votre secteur d’activité et si le réseau peut vous être utile à autre chose que communiquer.

Linkedin (Viadéo, même combat) : à réserver aux activités en B to B… attention à ce que vous en attendez. Tout le monde y va pour être entendu et vendre donc au final personne n’écoute et personne n’achète. Ces réseaux là sont en revanche très utiles pour recueillir de l’info sur de futures recrues ou partenaires.

Tous les autres : Instagram, Pinterest, Snapchat etc. Si le numérique n’est pas votre truc, pour le moment, oubliez. Si vous y tenez vraiment, faire appel à une agence de communication globale semble une bonne idée.

Bon à savoir sur les réseaux sociaux

Les réseaux sociaux demandent du temps. Si vous créez une page Facebook, vous devrez publier dessus, interagir avec les autres pages, répondre à ceux qui réagissent. Si vous ne le faites pas, votre page ne servira à rien.

Veillez à ne pas parler que de vous, donnez des liens sur d’autres actualités. Exemples : un article dans la presse qui concerne votre secteur d’activité, une animation qui se tient dans votre quartier. En général le cocktail “1/3 de publis sur vous + 1/3 de publis qui vous concernent + 1/3 de publis dans votre secteur d’activité” donne de bons résultats. PS : soyez sympa, ouvert et bienveillant. Si quelqu’un vous fait une vacherie, et que vous y répondez par une vacherie, tout ce que vous gagnerez c’est avoir l’air d’une peau de vache.

Se faire référencer dans des annuaires

Au rayon annuaire nous avons Google My Business, l’incontournable. Il y a aussi l’historique Les Pages jaunes (après avoir considéré ce que ça va vous coûter et ce que ça peut vous rapporter). 3e catégorie : tous les sites qui référencent les pros de votre domaine. Ils sont très nombreux, ça peut demander beaucoup de temps… certains sont carrément pouilleux. Mon conseil : laissez tomber les pouilleux, remplissez une petite fiche sur ceux qui présentent bien (mise en page correcte, pas trop de pub, rapide à charger) en vous fixant une limite haute à 15 annuaires différents.

Astuce. Pour trouver ces fameux annuaires, munissez vous de votre moteur de recherche préféré. Exemple : si vous êtes l’entreprise d’électricité générale Benoît et fils à Quimper, tapez « électricien quimper ». Vous allez trouver des concurrents, ainsi que des annuaires. Ce sont ceux là que les internautes trouveront quand ils feront la même recherche que vous. C’est donc là que vous devez vous rendre visible.

Bon à savoir. Veillez bien à écrire des textes différents pour chaque annuaire… Ceci était une affirmation péremptoire qui vous est offerte par mon auto-comité intérieur de gestion du temps nécessaire à écrire cet article.

Les plateformes « créez votre site web en 3 clics »

J’en ai déjà parlé ici, je déconseille fortement.

En résumé : une présence en ligne ne passe pas forcément par un site web

Un site web n’est pas indispensable pour une première visibilité sur Internet (par contre il est indispensable d’avoir une visibilité). Amorcez votre présence en ligne par tout ce que je vous indique ci-dessus (réseaux sociaux, annuaires). Si vous faites un site web ensuite, il vous faudra aussi en passer par ces démarches pour le rendre visible. Autre point + : vous aurez l’expérience de ces premières démarches pour mieux réfléchir à votre site.

Publié par

Geneviève Canivenc

1976 : naissance 1995 : un grand malade accepte qu'elle ait accès légalement à une voiture. 2005 : un groupe de grands malades lui confèrent le titre de docteur. 2012 : elle se lance en rédaction et plein de grands malades acceptent de lui faire confiance. Encore à venir : le meilleur.