Un roi dans le port de Brest

Connaissez vous Petitrenaud et ses voyages culinaires ? Vous saisissez donc la cruelle différence qui existe entre le regarder et déguster le foie gras le plus fin accompagné de tous ces petits bidules incroyables. Sachez que c’est la même qui existe entre un album ou une vidéo d’Oxmo Puccino, et aller à l’un de ses concerts. La comparaison s’arrête là, le sieur n’ayant rien d’un canard.

Vendredi 8 mars, le roi sans carrosse jouait à la Carène de Brest.

Face à tout le talent dont recèle le spectacle, l’épure s’impose. Inutile pour Oxmo Puccino d’en rajouter, il porte en lui toute sa densité. C’est une question de sens et de présence, de timbre de voix, d’intention. Il entre en scène dans la simplicité que seul un grand peut se permettre, précédé d’une voix off et entouré de quatre mousquetaires musiciens à sa mesure : Pierre-Luc Jamain aux claviers, Eddy Purple à la guitare, Côme Aguiar à la basse et Jean-Baptiste Cortot à la batterie.

En quelques mots, le géant pose ses pattes et son emprise sur les lieux. Le concert peut débuter d’un Artiste accrocheur… enfin je crois. Je suis déjà à l’ouest. Alors la chronologie, vous savez !

Imaginons que le concert ait débuté d’un Artiste accrocheur. Lui succède un mélange du dernier album et des précédents. Les morceaux s’enchaînent, poétiques, naturalistes, viscéraux, vindicatifs ou énergiques. Quelques minutes plus tard – mon portable me soutient qu’il s’est écoulé plus de deux heures mais on ne me la fait pas – les musiciens quittent la scène un à un. Le souffle de ce dernier Enfant seul s’étire encore pour un instant dans la pulsation d’un lent solo de batterie, puis c’est l’arrêt. Sous le coup de l’émotion, le public quitte alors la salle, actant qu’Oxmo Puccino a offert au rap la place qui lui revient en musique.

Pour les curieux, le lendemain de ce concert, le Roi continuait sa balade bretonne du coté de Saint Malo ou l’attendait Rod Maurice, aka Lame de son. Le résultat le voici : un morceau prenant sa pleine dimension dans le cadre d’un belvédère sur le point d’être détruit.

Oxmo Puccino – Le vide en soi | LAME DE SON from Lame De Son on Vimeo.

Image à la une : Oxmo Puccino. Crédit : Rocktrotteur, licence CC-BY-NC-SA 2.0, disponible en partage sur Flickr.

 

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Publié par

Geneviève Canivenc

1976 : naissance 1995 : un grand malade accepte qu'elle ait accès légalement à une voiture. 2005 : un groupe de grands malades lui confèrent le titre de docteur. 2012 : elle se lance en rédaction et plein de grands malades acceptent de lui faire confiance. Encore à venir : le meilleur.